Mon premier Ultra-Trail

ULTRA DU BOUT DU CIRQUE

Vendredi 03 Mars 2017, 18h30, les tenues et les sacs sont prêts. L’équipement testé le Mercredi précédent pour s’assurer d’aucune gêne potentielle le jour J, les boissons et en-cas de course dans les bidons et poches du sac, je n’avais plus de questions à me poser. C’était sans compter sur la météo qui semblait capricieuse pour mon premier ultra-trail. Pour le coup je chargai donc mon sac de ‘secours’ plus d’affaires que prévues pour assurer le coup.

Orages importants annoncés, le départ est finalement décalé de 4h du matin à 8h du matin pour laisser passer le gros des intempéries. 82km au lieu de 100km, première boucle de 20km un peu inconnue, et sac de secours qui sera disponible au 35éme km donc pas tout à fait à mi-course.

Mon plan de bataille soigneusement élaboré avec des temps de passages prévus, utilisation de la lampe frontale et des rappels pour gérer boisson et nourriture tombe à l’eau et il va donc falloir improviser. Bon côté des choses, je pourrai faire une nuit quasi complète et me lever à 5h pour un petit-déjeuner copieux 3h avant la course au lieu d’un lever délicat à 1h30 du matin.

J’aurai également 18km de moins à courir mais ça, ça me fait ch**r en fait. 100km / 4000m D+ c’était de beaux chiffres, un bel objectif, une vraie grosse progression par rapport à mon 55km / 3400m D+. Bref c’est comme ça, je ne peux rien y faire, je ferai avec et 82km / 3400m D+ c’est déjà sympa, et je reste dans la catégorie Ultra-trail.

Vendredi soir 20h, coup de téléphone d’encouragements et de motivation du champion qui ne sera pas là sur ce défi mais m’envoie quand même de bonnes ondes positives, et fait un peu office de coach pour les derniers conseils. Merci Champion !!!

Vendredi soir 22h direction le lit pour optimiser le repos et malgré quelques pensées tumultueuses et la pression qui monte, le dodo vient assez vite et le sommeil est profond.

Samedi 04 Mars 2017, 5h A.M. Le réveil qui sonne et il n’a pas besoin d’insister pour que je sois debout. Déjà je ne veux réveiller personne à la maison et de plus, la pression de la veille au soir est toujours présente et me booste d’emblée.

Petit-déjeuner : 4 œufs brouillés, riz au lait de coco maison, banane, orange, chocolat noir, pomme, Oméga 3 et mon meilleur thé vert japonais du moment, Ryokusha Midori.

Habillement avec toujours un doute sur la tenue à adopter, aucune certitude sur la météo qui m’attends. Je préfère trop me couvrir et enlever des couches qu’avoir froid, je joue la prudence. Et j’ai mon deuxième sac avec des fringues de rechange pour gérer vers mi-course si besoin.

6h A.M. En route vers Le Vigan, point de départ de l’Ultra du Bout du Cirque, et le ciel ne semble pas si dangereux que ça. Quelques petites averses en arrivant mais ça reste acceptable.

7h45 A.M : Briefing de début de course avec explications sur les modifications apportées sur le tracé suite aux orages de cette nuit qui ont bien eu lieu. Ca promet du bonheur pour l’état des chemins et on nous met en garde sur des zones particulièrement glissantes.

8h A.M. Après une petite discussion sympa avec un ancien du trail running qui s’intéresse à mes FiveFingers, le départ est donné de la Halle aux Sports du Vigan. Mon but est de terminer la course, dans mon meilleur temps possible évidemment, mais je veux surtout gérer pour arriver au bout. Je pars donc en queue de peloton, à mon rythme, mais je remonte rapidement une dizaine de coureurs pendant les premiers kilomètres de chauffe dans la plaine du Vigan sur un tracé que j’avais déjà emprunté l’année dernière lors du Trail de l’Oignon Doux. C’était le premier trail de ma vie, 20km pour 900m D+ que j’avais terminé bien fatigué en prés de 2h40.

KM 03 : On attaque la première montée en rentrant dans les bois. Je me sens bien, frais, j’alterne entre trot et marche, dépasse encore quelques coureurs, les gouttes de pluie ne sont pas trop gênantes et le sous-bois bien protégé par les arbres cévenols n’est pas trop glissant ou inondé. Je ne force pas le rythme pour autant, gestion, gestion, gestion, mot d’ordre de la journée.

Première difficulté avaler sereinement, les passages suivants agréables me permettent de prendre mon rythme jusqu’au premier ravitaillement au km13 où je décide de ne pas m’arrêter. Je suis en terrain connu, le tracé de l’année dernière me revient bien en tête, je bois un coup de ma boisson énergétique et j’avance toujours à bon train simplement ralenti par les bosses qui ne sont toujours pas mon point fort et ne le seront jamais je pense.

BOISSON ENERGETIQUE 750ml : 75 grammes de Dextrose, 25g de BCAA, 10g de Taurine, 10g de Glycine, EAU.

KM 15-16 : Le froid s’intensifie avec la pluie. Capuche en remplacement du bonnet trop chaud et non imperméable. Les gants se mouillent, mes mains refroidissent et sont maintenant trempées, la chaleur ne revient pas. J’accuse le coup, j’avance mais sans solution de ‘confort’ et je ressens comme une légère baisse de tension, la tête qui tourne légèrement. Ça ne va pas le faire dans ces conditions si je suis à la peine dès maintenant. Pourtant les jambes sont là et je n’ai aucune fatigue, juste une sensation de merde.

Une seule idée en tête, arriver au ravitaillement du KM20, fin de la portion Trail de l’Oignon Doux.

KM 18 : Je sors des bois, la pluie a cessé, il fait un peu meilleur, je discute avec une traileuse, et j’oublie le mauvais moment passé. Je suis même un instant grisé par ma forme physique et la joie de boucler sans aucune fatigue ressentie les 20KM en 2h20 environ. (20’ de moins que l’année dernière avec 62km de course à venir).

KM 20 : Premier ravito, une salle chauffée, je tombe les gants trempés et froids, je sors la serviette du sac pour me sécher, et goûte avec bonheur le bouillon chaud proposé par les bénévoles et disponible à tous les ravitos suivants. LA bonne idée de cet Ultra à la vue des conditions météos. Je n’avais jamais bu de boisson chaude pendant une course mais aucun problème pour la suite et la chaleur corporelle retrouvée me permet de repartir motivé sur les 62km à venir et de rejoindre dans un premier temps la portion de 37km que j’ai parcouru en reconnaissance il y a 1 mois. Un vrai plus de connaitre le tracé et le relief pour la gestion de l’effort en trail et cela s’avérera payant. Enfin presque…

KM 28, LE COL DE MOUZOULES !!! VOUS NE PASSEREZ PAS !!!!

Effectivement la reco m’a permis de savoir que le vent aller s’intensifier dans cette zone et d’affronter gaillardement le secteur. Mais la tempête de neige faisant rage à ce moment-là n’était pas au programme du mois dernier, et en avançant tête baissée, difficile de suivre son chemin. Je suis quelques rubalises qui me font descendre dans un bourbier, glisser, tomber, pour finalement disparaitre et ne laisser percevoir que des traces éparses longeant une ferme, puis mener à un cul-de-sac. Je fais demi-tour et vois d’autres coureurs me rejoindre. Ils cherchent avec moi mais en vain.

Les mains sont gelées, je vérifie si mes doigts bougent encore et une baisse de moral m’envahit. J’envisage même de rebrousser chemin jusqu’aux derniers bénévoles croisés 2km en arrière pour abandonner. Perdu dans les bois, légère hypothermie débutante, tempête de neige incessante et seulement 28km de parcouru. Appuyé contre un arbre le temps de récupérer des recherches de rubalises dans les montées boueuses, un cri annonçant, « c’est par ici !!!» me sors de mes pensées négatives. Je m’empresse de rejoindre LA VOIX et LA BONNE VOIE apparait sous mes pieds.

La fraicheur physique toujours présente me rassure, je retrouve mes repères de la reconnaissance et j’affronte de nouveaux les difficultés du terrain en subissant la météo, le vent de travers sur les crêtes, les rochers glissants et les sentiers inondés. La pluie et le froid s’atténuent enfin et je sais que le ravito des 35KM est là avec mon sac de rechange qui m’attend.

KM 35, ARRE !

De nouveau une salle chauffée, du bouillon, quelques denrées solides ET mes gants en laine que je ne quitterai plus avant un bon moment (voir même la fin de course, je ne me souviens plus). Sans pluie par la suite, et avec des températures acceptables, ces gants étaient parfaits.

2 ou 3 gorgées de mon jus de fruits et légumes maison, et je quitte Arre revigoré pour grimper direct dans les 600m de D+ quasi dès la sortie du ravito.

JUS REGENERANT : ORANGES – PAMPLEMOUSSE – CITRON VERT – CITRON – CELERI VERT – GINGEMBRE – CURCUMA – JUS DE POMME – (FULL BIO)

Les premiers et plus rapides coureurs des 60km du Trail aux Etoiles me dépassent dans la montée vers Calorouge. Je marche pour gérer et je trottine quelques fois. Eux me doublent en courant, et marche quelques fois seulement. Ce n’est pas le même monde. Pour autant, c’est un super moment. Dans leur effort intense de champions ils n’oublient pas de m’encourager et ont tous un petit mot sympa que je m’empresse de leur rendre en analysant leur technique au passage avec un petit espoir d’en tirer des pistes d’amélioration personnelle.

La phase de grimpette se termine et je peux relancer ma course sur Le Causse cévenol que j’ai maintenant atteint. Quelques kilomètres légèrement vallonnés, un revêtement souple dans l’ensemble avec du très beau sous-bois, très peu de fatigue, je ne ralentis que pour m’assurer de boire régulièrement et manger de mon

Jambon Cru du Petit Marché d’Auvergne : Des protéines, du gras de qualité, nécessaire sur des courses aussi longues et du sel dont un petit apport régulier peut s’avérer utile.

Je me fait vraiment plaisir sur cette section, l’environnement est calme, serein, apaisant. Nouveau ravito, nouveau bouillon chaud pour continuer à lutter contre la météo. Le ciel est gris, parfois légèrement pluvieux, mais en comparaison de ce matin c’est du bonheur.

Je repars donc rapidement vers le Cirque de Navacelles, point d’orgue de ce trail. Légère descente plaisante, décor magnifique, je tiens un bon rythme avec un regard alternant entre ce paysage unique et le monotrace rocailleux qui ne permet pas de poser les yeux ailleurs trop longtemps.

KM 50 : On rejoint la route avec une des plus belles vues sur le Cirque, je double des coureurs de l’Ultra plus expérimentés que moi, qui me félicitent encore de réaliser cette épreuve en Vibram FiveFingers Spyridon.

Ça fait plaisir et un nouveau coup de boost se fait sentir. J’allonge ma foulée dans la descente bitumeuse qui est plutôt un point fort pour moi et replonge dans les bois un peu plus loin pour rejoindre le superbe et unique Moulin de la Foux. C’est mon objectif en tête dans l’instant présent et du coup je ne ressens aucune mauvaise sensation avant de l’atteindre.

Je profite 1 minute de cette merveille cévenole. La résurgence débite des cascades d’eaux encore plus puissantes que le mois précédent suite aux dernières pluies. Traversée du « cours d’eau » sur les rochers, je grimpe sur la berge opposée, je profite une dernière fois du spectacle en sirotant ma boisson et je repars sur une section que j’avais couru à toute vitesse lors de la reconnaissance, « à la poursuite » du groupe de tête.

Aujourd’hui je force moins l’allure. Les jambes sont là mais ils restent encore 30km à parcourir avec quelques bosses dont je ne maitrise pas l’ampleur. Je me fais quand même plaisir. L’environnement est toujours aussi beau malgré les chemins inondés qui limitent de pouvoir profiter du spectacle. J’ai maintenant compris qu’il vaut mieux courir au travers des zones trempées lorsque ce n’est pas trop profond plutôt que sauter d’un coté à l’autre des chemins et monotraces et se fatiguer pour ne pas avoir les pieds mouillés. Mes shoes évacuent très bien l’eau, je n’ai jamais eu froid aux pieds donc Go, Splash, Splash, Splash et je gagne du temps et de l’énergie.

D’ailleurs quelques coups de culs et petites grimpettes dont je ne me rappelais plus vraiment me font dire que je fais bien de garder du tonus. Cette petite ballade est loin d’être terminée.

KM 57, Village de Navacelles. Un passage agréable dans le village, meilleure météo du jour, toujours le sourire aux lèvres, et Bim, on est reparti pour 500m de D+ sur 5Km sur larges chemins de pierres, cailloux et rocailles. Pas très varié tout ça. Ah si, tiens, des « escaliers » naturels, mais avec des marches de 60cm de haut. Je prends mon souffle et j’atteins le sommet pas si entamé que ça et ravi d’avoir fait mes séances de squats et fentes régulièrement.

Bientôt le ravito. Bon, il est plus loin que prévu, mais pas de soucis outre une légère fatigue ou petite lassitude sur cette zone plutôt plate, agréable, mais un peu solitaire et dont je ne vois pas trop le bout. Tiens, je double mon copain de conversations d’avant trail. En même temps il doit avoir 20 ans de plus que moi. Pas de quoi être fier. Mais il a aussi 30 ans d’expériences de plus que moi dans le domaine des courses d’endurance. Bon ok, je suis un petit peu fier quand même.

KM 62, Blandas. Le ravito est enfin là, je prends mon temps comme à chaque fois au final. Le maintenant incontournable bouillon, je refais les niveaux solides et liquides. Merde, plus de jus de fruits et il n’y en a pas dans les ravitos. C’est dommage et c’est bien la seule chose que je pourrai reprocher à toute l’organisation. Ils font pourtant du si bon jus de pommes dans le coin.

Je quitte le poste de ravitaillement sans trop savoir quelle heure il est. De mémoire j’ai maintenant près de 10km de course assez plate à parcourir avant le dernier point de ravitaillement et le village de Bez, et j’espère bien l’atteindre avant la nuit.

Je m’élance revigoré et confiant mais rapidement la ‘monotonie’ des larges chemins de terre sans dénivelé notable, et la répétition sans variante d’un même mouvement de course commence à peser dans les jambes. J’alterne donc entre des phases à bon rythme, des phases de course (très) lente en me remémorant les sorties avec ma chérie, à son rythme pendant lesquelles je me disais que je pourrai courir ainsi des heures sans peine. Pourtant aujourd’hui parfois la peine se fait quand même sentir.

Les moindres petites montées doivent être gérées prudemment. Je reprends du rythme en m’accrochant aux coureurs du Trail aux étoiles qui me dépassent, et je relâche en rattrapant un concurrent de l’Ultra. Petite discussion avec lui en marchant. Je découvre l’heure et suis content, il me reste du temps avant la nuit, j’ai eu une bonne vitesse moyenne depuis ce matin.

D’ailleurs, je suis en train de me ramollir en restant au pas de mon compagnon du moment qui visiblement commence à accuser beaucoup de fatigue. Il est pourtant bien plus expérimenté que moi mais l’expérience ne fait pas tout. Il n’est plus capable de relancer la machine et court très peu.

Je profite d’un wagon de coureurs du 60Km pour m’accrocher et je tiens une bonne cadence jusqu’à l’attaque d’une grosse descente à laquelle je ne m’attendais pas. Ça m’apprendra à m’attarder uniquement sur le D+ en préparant ma course.

KM 67, UNE NOUVELLE SENSATION. 400m de descente raide, technique, glissante à souhait sur du monotrace. C’est beau, le décor me plait, mais merde je suis obligé de me retenir. Les appuis sont fuyants et dangereux, je prends de suite trop de vitesse difficile à contrôler avec la fatigue, je ne peux pas dérouler ma foulée, et rapidement mes tendons se raidissent pour me faire découvrir une sensation jusque-là inconnue.

Musculairement je n’ai pas mal, la fatigue est là certes pourtant pas de douleurs, de jambes en feu ou lourdes, mais j’ai l’impression que les tendons situés à l’arrière des genoux ne font plus leur travail de ‘ressorts’. Ils ont envie de rester bloquer en position tendue. Je dois alors m’arrêter pour tendre les jambes et masser les genoux quelques instants pour avancer. 1 minute de descente et je me retiens contre un arbre proche pour recommencer l’opération massage, et je réitérerai cette technique encore plusieurs fois jusqu’à ce que la pente redevienne correcte.

Je suis de nouveaux mieux, mais une zone très technique, caillouteuse, humide et avec de grosses marches naturelles en descente se présente et je suis obligé de gérer la suite sans grande vitesse pour ne pas risquer la blessure. La pénombre s’accentuant annonce l’approche de la nuit. Je suis en sous-bois, il pleuvine un instant, et je commence à douter atteindre mon objectif avant la pleine nuit. Heureusement peu de temps après, dans une obscurité toujours croissante, je rejoins un chemin à découvert, franchis un pont au-dessus d’un cours d’eau, atteins le village espéré et profite du dernier bouillon chaud que je boirai dans ce trail.

KM 71 : Après avoir répondu à de nombreuses interrogations d’inconnus présents au ravito concernant mes étranges FiveFingers, j’enfile pour la première fois en course ma superbe lampe frontale Petzl Nao+ toute neuve. Pour la petite histoire, je l’ai acheté au futur vainqueur du Trail aux étoiles 2017 que j’ai recroisé pendant l’épreuve.

La nuit est totale en laissant Bez derrière moi, mais ma frontale est au top, et je suis accompagné d’un groupe de 4 traileurs qui comme moi n’ont pas franchement envie de courir sur les 2,5km à venir qui mènent à Esparon avec les derniers 350m de D+ de notre épreuve.

C’est d’un bon pas que je surmonterai cette dernière difficulté annoncée, variant entre chemins caillouteux non entretenus et belles portions de routes en montées plûtot douces. Je ne m’arrêterai qu’une seule fois pour boire et faire redescendre le rythme élevé imposé par le fait de suivre un groupe de traileurs de la distance inférieure.

Aux alentours de 20h j’ai franchi les 3400m de dénivelé positif de cet ultra légèrement raccourci, et entame la dernière descente menant au Vigan. Elle n’est pas aussi difficile que la précédente, je ne baisse de régime que de temps à autres pour assurer mes appuis, de nuit, car je ne suis pas encore parfaitement habitué à courir avec le halo pourtant efficace de ma Petzl.

KM 78, CA SENT BON L’ARRIVEE. Je viens de passer les 400m de dénivelé négatif sur environ 5KM jusqu’au village d’Avèze. J’ai pu me relancer avec une bonne vitesse de course sur la deuxième partie de descente plutôt douce et au revêtement agréable pour mes pieds qui commencent à accuser un peu de fatigue. De petites douleurs de droite et de gauche comme j’en ai ressenti de temps à autres pendant ces 12h de course mais rien de bien méchant et mon esprit sent aussi bien que mon corps que l’arrivée est là et que c’est GAGNE.

Au pied des rues d’Avèze, c’est la partie peut être la moins drôle du jour qui se présente. Environ 4km de chemins pavés ou non et de routes à traverser pour rejoindre la Halle aux sports du Vigan. C’est du tout droit, tout plat, mais il est quand même compliqué de maintenir un bon rythme de course jusqu’au bout. Je m’accroche une dernière fois à un traileur des Etoiles. Un bénévole nous annonce 2km restant, ce que fera un autre bénévole entre 5 et 10 minutes plus tard. Un dernier petit coup au moral donc qui m’amène à ralentir ma course au minimum jusqu’à ce qu’une organisatrice m’annonce le dernier kilomètre.

Je décide de lui faire confiance, mon pas s’accélère et s’agrandit légèrement pour conclure ce périple. A 500m de l’arrivée je rattrape de nouveau mon ‘vieil’ ami de conversation du début de course qui ne s’était pas arrêté aux 2 derniers ravitos ce qui lui avait permis de me doubler sans que je le vois.

Comme en F1, il a géré sa course en effectuant moins d’arrêts aux stands que moi et nous nous apprêtons à couper la ligne d’arrivée ensemble. Plus de compétition à ce moment-là. Nous avançons d’un pas léger en papotant sans chercher à finir au sprint pour gagner une place inutile au classement.

20h45, KM82, c’est fini !!!! Quelle joie de finir mon premier ultra-trail seulement un an après le premier trail de ma vie, couru ici même au Vigan.

On me remet ma coupe de finisher de l’épreuve, et avec le relâchement, un déferlement d’hormones et de sensations commence à se faire sentir, mais je suis bien, je ne vais pas m’écrouler de fatigue comme à la Vésubie en Septembre dernier.

Quelques discussions avec des connaissances rencontrées lors de différents trails, puis je me dirige vers la douche. La marche devient un peu délicate, les pieds douloureux mais rien de dramatique. L’eau tiède fait du bien, et le massage par un des kinés disponibles sur pla

ce atténue un peu les petites tensions des mollets et ischios.

Une bonne soupe à l’oignon traditionnelle bien chaude, quelques denrées locales englouties, puis je retourne aussi vite que possible (donc bien lentement) vers la voiture. 1h de route pour rentrer au bercail. Récit rapide de mes aventures à ma chérie qui m’attend, encore plus impatiente que moi d’aller dormir. Je mange à nouveau un bout, et je vais chercher Morphée qui met du temps à venir.

Le corps est en ébullition, les douleurs mises de côtés sont bien présentes maintenant, et il me faudra attendre 2h du matin, un petit en-cas supplémentaire, et un doliprane pour atténuer la sensation de douleurs pour m’endormir. Va falloir optimiser le sommeil, demain matin je pars pour 10h de voiture. Heureusement ce n’est pas moi qui conduirai et en fait à part concernant mes pieds, j’ai plutôt bien récupéré musculairement après une telle épreuve.

1er objectif 2017 atteint. Affaire à suivre…


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